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un type de fête relativement répandu en Europe et en Amérique. Il consiste en une période pendant laquelle les habitants de la ville sortent déguisés (voire masqués ou bien maquillés) et se retrouvent pour chanter, danser, faire de la musique dans les rues, jeter des confettis et serpentins, défiler, éventuellement autour d’une parade constituée de musiciens, de danseurs et de chars décorés. Héritiers de rituels antiques tels que les Lupercales et la Guillaneu, ils sont traditionnellement associés au calendrier chrétien et se déroulent entre l'Épiphanie, soit le 6 janvier, et le Mardi gras avant le mercredi des Cendres une fête mobile entre le 3 février et le 9 mars.
Le nom masculin carnaval apparaît en français sous la forme carneval en 1549 pour exprimer le sens de « fête donnée pendant la période du carnaval ». C'est un emprunt à l'italien carnevale ou carnevalo. Il a pour origine carnelevare, un mot latin formé de carne « viande » et levare « enlever ». Il signifie donc littéralement « enlever la viande ». Des étymologies fantaisistes ont été jadis avancées, telle que « caro vale » pour « adieu la chair ». Une autre hypothèse propose carrus navalis (« char naval », en français), en relation avec le Bateau d'Isis (en) (Isis). Jusqu'au XIXe siècle, le nom masculin carême-prenant a été utilisé en français à égalité avec carnaval. Il a été orthographié de diverses manières : caresme-prenant, quaresmeprenant, etc. On le retrouve dans le journal de Pierre de l'Estoile, chez Molière, etc. En France on peut trouver des variantes régionales de carême-prenant, telles que caramentran en Provence. De carême-prenant, on a dérivé deux expressions. L'une : « tout est de carême-prenant », pour parler de certaines libertés, en particulier dans le domaine des mœurs, qui se prennent ou prenaient traditionnellement pendant le carnaval. L'autre, pour désigner une personne costumée en carnaval, ou en général quelqu'un d'habillé de façon ridicule. Dans cette situation, on entend crier « Au secours, au secours, votre fille on l'emporte, Des carêmes-prenants lui font passer la porte ». On trouve aussi dans le Bourgeois gentilhomme de Molière : « On dit que vous voulez donner votre fille en mariage à un carême-prenant ». Du nom carnaval dérive l'adjectif carnavalesque (relatif au carnaval), mais aussi certains régionalismes tels que carnavaleux et carnavalier : le premier désigne, dans la région de Dunkerque, en Belgique et au Québec, un participant au carnaval ; le second un artiste créant des œuvres pour le carnaval tels que chars, des géants, des grosses têtes, etc. Les « carnavaliers » les plus célèbres de France sont établis à Nice où le métier se transmet de père en fils depuis 1870 et où ce mot est traditionnellement utilisé.
Plusieurs hypothèses ont été formulées quant aux origines du carnaval. Pour le philologue Karl Meuli, la présence des masques, qui représentent les morts, permet de rapprocher le carnaval d'une forme préhistorique de culte des ancêtres. Le folkloriste Claude Gaignebet, quant à lui, lie les déguisements d'ours au totémisme qui serait aussi présent dans les peintures rupestres.
De nombreuses fêtes antiques ont été aussi invoquées comme ancêtre du carnaval : c'est notamment le cas de la fête celte d'Imbolc, notamment pour expliquer l'utilisation de soufflets ou de vessies gonflées, mais aussi des Sacées, fêtes babyloniennes durant lesquelles un souverain fictif était sacrifié afin de raccorder les calendriers lunaires et solaires, les Bacchanales grecques et romaines, les Saturnales, les Lupercales, les Kalendae de janvier, ou les fêtes d'Isis du début du printemps, marquées par le lancement d'un « char naval ».
Deux hypothèses distinctes présupposent une origine chrétienne au carnaval. La première consiste, comme l'ethnologue Arnold van Gennep, à considérer le carnaval comme une réaction populaire aux privations du Carême. L'un des arguments est étymologique, conférant comme origine au carnaval le latin carne levare (enlever les viandes) et l'italien carne vale (adieu viandes). La seconde hypothèse, venant notamment du folkloriste Dietz-Rüdiger Moser (de) consiste à considérer le carnaval comme une stratégie consciente de l'Église chrétienne, lui permettant d'intégrer les coutumes païennes tout en les utilisant pour symboliser le mal. D'autres traditions chrétiennes se rapprochent du carnaval, telles que la fête de saint Antoine abbé ou la Saint-Nicolas d'Autriche. Les géants processionnels sont un témoignage de cette origine, en particulier dans le nord de la France et la Belgique, où ils sont une évolution de saints chrétiens célébrés.
Au cours du Moyen Âge, les cortèges des confréries professionnelles se muent petit à petit en carnavals urbains, par l'arrivée de pièces de théâtre comiques qui deviennent par la suite la Commedia dell'arte. Des hypothèses rapprochent le carnaval d'autres traditions médiévales, telles que les fêtes des fous.
Laurent le Magnifique est un grand mécène du carnaval, pour lequel il commande des chars aux thèmes mythologiques. La Renaissance est aussi l'époque d'apparition du Carnaval dans les Antilles, apporté par les colons européens qui en excluent les populations afrodescendantes et esclavagisées ; celles-ci organisèrent leurs propres cérémonies qui rencontrent depuis un grand succès.
Les carnavals aux Antilles sont devenus des festivités très populaires avec l'arrivée des colons et des esclaves aux XVIe et XVIIe siècles. Les esclaves qui ne pouvaient pas participer aux carnavals des Européens organisèrent leurs propres cérémonies qui rencontrent depuis un grand succès. Avec l'émigration importante de la communauté antillaise, se créent de nouveaux carnavals : ainsi, à Londres, le Carnaval de Notting Hill, créé dans les années 1960, est un des évènements les plus importants du Royaume-Uni, qui rassemble près de deux millions de personnes chaque année.
Le XVIIIe siècle est une période de reflux du carnaval en Europe : celui de Venise se mue en lieu d'intrigues politiques, quittant la rue pour les bals masqués ; en France, la Révolution a associé fête et politique, ce qui par contre-coup porte préjudice au Carnaval, qui ne revient qu'à la fin du XIXe siècle.
Plus généralement les années 1970 sont l'occasion de la revitalisation des carnavals ruraux ; ces nouvelles éditions sont l'occasion de réinventions de traditions, afin de préserver les cultures régionales et de proposer des évènements touristiques, où le carnaval devient un spectacle plutôt qu'un évènement auxquels tous participent. Le XXe siècle est aussi l'époque de l'apparition des masques pour enfants.